Un DPE réformé, mais des étiquettes qui ne sont pas masquées.

23 décembre 2025

Depuis plusieurs années, de nombreuses évolutions réglementaires cherchent à redessiner le paysage de la rénovation énergétique et visent à retirer les passoires thermiques du parc immobilier national.

Le secteur du diagnostic immobilier est particulièrement touché par l’ensemble de ces réformes. Aujourd’hui, notre bureau d’études RITMODiag revient pour vous sur les dernières mesures, et notamment l’une d’entre elles : le masquage des étiquettes énergétiques sur le DPE.

Le Diagnostic de Performance Énergétique, un diagnostic central

Parmi tous les diagnostics immobiliers obligatoires lors de vos transactions immobilières – vente ou location – le DPE occupe une place à part.

Il s’est imposé comme un document de référence tant pour le propriétaire, le bailleur et le locataire que pour les professionnels de l’immobilier.

Qu’est-ce que le DPE ?

Le Diagnostic de Performance Énergétique va permettre d’évaluer la consommation d’énergie d’un logement mais aussi son impact environnemental. Dans le contexte actuel, la transition énergétique est au cœur des problématiques globales, notamment dans le domaine de l’immobilier. C’est un argument de poids pour toute vente ou location.

Le DPE classe les biens en fonction de deux critères :

  • La consommation en kWh/m² et par an, mentionné avec l’étiquette énergie,
  • Les émissions de gaz à effet de serre en kg de CO₂, avec l’étiquette climat

Le classement s’étend de A pour les logements les plus économes et les plus performants, à G pour les passoires thermiques. Le Diagnostic de Performance Énergétique a une validité de 10 ans, mais il est possible de le refaire pour revaloriser son bien à la suite de travaux ou d’une nouvelle réforme.

💡Bon à savoir : depuis 2021, le DPE prend en compte 5 postes de consommation contre 3 auparavant : chauffage, eau chaude sanitaire, refroidissement (climatisation), éclairage, et auxiliaires (ventilateurs, VMC, etc.).

Contrairement aux autres diagnostics (diagnostic amiante, plomb, gaz ou électricité), le DPE ne cherche pas simplement à protéger la sécurité et le confort des occupants, mais à mettre en avant l’impact énergétique des biens.

L’enjeu majeur que représente ce diagnostic immobilier

Comme nous l’avons rapidement mentionné auparavant, le DPE vient appuyer la politique de transition énergétique en France. L’objectif premier ? La lutte contre les passoires énergétiques !

Tous les logements classés F ou G sur leurs étiquettes énergétiques sont catégorisés comme passoires énergétiques car présentant une importante consommation d’énergie et d’émissions de gaz à effet de serre. Et cette étiquette énergétique fournie par le DPE a une vraie incidence sur la vente et la location.

Incidence qui ne fait que se renforcer avec l’évolution du calendrier des obligations légales pour toutes transactions immobilières.

Un mauvais DPE, c’est donc une dévalorisation du patrimoine mais aussi une décote possible du prix du bien immobilier !

Nouvelles évolutions réglementaires mais des étiquettes qui restent visibles

Le DPE : un diagnostic en constante évolution

Le DPE continue d’évoluer pour s’adapter à la réalité du terrain et répondre au mieux aux attentes des particuliers mais aussi des professionnels !

En juillet 2024, pour préciser un arrêté du 25 mars, une réforme est entrée en vigueur concernant la correction des seuils pour les petites surfaces de moins de 40m² qui étaient jusque-là désavantagées, et permettre de faire sortir 140 000 logements de la catégorie « passoires thermiques ».

On cherche aussi sans cesse à améliorer la méthode de calcul en prenant mieux en compte les spécificités des bâtiments. Et les contrôles pour garantir la qualité des prestations de la part des professionnels s’intensifient.

Parmi les évolutions proposées pour le diagnostic de performance énergétique, le masquage des étiquettes énergétiques a fait son apparition.

Abandon du masquage des étiquettes, qu’en est-il ?

Retour sur une mesure controversée

En mars 2025, il a été annoncé 10 mesures visant à améliorer et fiabiliser le DPE. Parmi elles : le masquage des étiquettes énergétiques, de manière temporaire, jusqu’à l’envoi du rapport à l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie).

Dans les faits, le diagnostiqueur n’aurait pas pu présenter l’étiquette énergétique du bien au propriétaire immédiatement après la visite, mais seulement après la validation de l’ADEME.

De ce fait, tous les acteurs de la transaction immobilière étaient affectés par cette réforme : propriétaires, bailleurs et agents immobiliers ne pouvaient plus voir les étiquettes et par la même occasion, les annonces immobilières auraient dû être publiées sans mention du classement énergétique du bien dans l’attente de la validation.

Les raisons de cette réforme sur les étiquettes

Cette réforme cherchait avant tout à protéger les diagnostiqueurs des pressions de certains clients face à la note énergétique fournie et à renforcer la fiabilité du DPE.

Le souhait était d’effacer la méfiance de certains propriétaires ou bailleurs envers la profession de diagnostiqueur et d’affirmer la pertinence du DPE, le placer comme un outil de décision dans les transactions immobilières et de rénovation.

Pourquoi cette mesure a finalement été abandonnée ?

Cette mesure, concernant les étiquettes énergétiques, devait entrer en vigueur le 1er octobre 2025, mais cela ne s’est pas passé comme prévu. Les éditeurs de logiciels et divers professionnels de la profession ont fait part de leur opposition à cette réforme.

En faisant le choix de masquer même temporairement une information aussi cruciale, de nombreux professionnels de l’immobilier se retrouvaient paralysés dans leurs missions. Comment conseiller les propriétaires concernant la rénovation énergétique, comment valoriser un bien lors d’une mise en vente ou en location ?

Un point qui a été mis en avant pour s’opposer à cette réforme est la volonté de transparence avec les consommateurs ! Propriétaires, bailleurs, acquéreurs et locataires ont le droit d’accéder à cette information.

Ainsi, le masquage des étiquettes énergétiques a été abandonné pour laisser place à un système de traçabilité des modifications. On arrive alors à un compromis entre surveillance des pratiques, fluidité du travail et transparence envers les acteurs de la transaction.

Pour les propriétaires, qu’est-ce que ça change (ou ne change pas) ?

Concrètement, rien. Le processus reste le même :

  1. Le diagnostiqueur réalise sa visite,
  2. Le Diagnostic de performance énergétique est établi,
  3. Les étiquettes énergétiques sont immédiatement affichées,

Le propriétaire, et les professionnels de l’immobilier qui l’accompagnent, disposent donc sans délai de l’information et peuvent mettre en vente ou en location le bien rapidement.

L’impact concerne surtout les diagnostiqueurs immobiliers qui répondent désormais à une traçabilité de chaque modification. Finalement, cela ne peut qu’accroitre la confiance accordée aux professionnels certifiés et la fiabilité du DPE.

Anticiper les réformes et s’entourer de professionnels

Face à l’évolution constante du cadre réglementaire, nous ne pouvons que vous conseiller de vous entourer de professionnels certifiés afin d’anticiper au mieux les changements réglementaires.

Durcissement des règles pour les logements énergivores et évolutions attendues

Nous l’avons mentionné plus haut, le calendrier des interdictions de location s’accélère, il est donc impératif de planifier correctement les diagnostics et les potentiels travaux de rénovation énergétique pour maintenir son bien sur le marché locatif.

Il en va de même pour le gel des loyers, qui est étendu à l’ensemble du territoire depuis 2023.

Dans les mesures prises pour réduire le nombre de passoires thermiques au sein du parc immobilier, on peut notamment citer la modification du coefficient électricité, en application au 1er janvier. N’hésitez pas à lire notre dernier article sur le sujet : « Du changement en 2026, le coefficient électricité évolue ! »

Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que le DPE n’est pas le seul diagnostic à être dans le viseur du changement ! Les diagnostics plomb, amiante, gaz ou électricité ne sont pas à l’abri de certaines évolutions, car leurs révisions sont régulières. Des discussions portent sur les durées de validité ou encore les obligations de mises à jour de ces diagnostics immobiliers.

RITMODiag vous accompagne pour bénéficier du DPE, un outil incontournable

La priorité pour votre bien ? Faire le choix d’un professionnel certifié et expérimenté. Pour valoriser votre logement, il est primordial de s’entourer correctement.

Notre bureau d’étude RITMODiag accompagne sa clientèle pour la conseiller et l’épauler dans la réalisation de ses diagnostics et la planification des travaux de rénovation énergétique.

Avec des recommandations de travaux chiffrés et la possibilité de proposer des scénarios de rénovation avec un DPE projeté ou un audit énergétique, c’est un vrai atout pour votre projet immobilier.

Vous voulez en savoir plus ? Contactez dès maintenant nos conseillers.